Showing posts with label Le Monde. Show all posts
Showing posts with label Le Monde. Show all posts

Tuesday, 4 September 2012

Mexique : la gauche appelle à manifester contre l'élection de Peña Nieto


Le Monde.fr | • Mis à jour le

Le nouveau président mexicain, Enrique Peña Nieto, à Mexico, lundi 2 juillet.
Le nouveau président mexicain, Enrique Peña Nieto, à Mexico, lundi 2 juillet. | REUTERS/CLAUDIA DAUT

Le Tribunal fédéral électoral du Mexique a rejeté jeudi 30 août à l'unanimité le recours en invalidation déposé par la gauche contre l'élection d'Enrique Peña Nieto, du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) à l'élection présidentielle du 1er juillet. Les sept juges du tribunal ont estimé qu'aucune des accusations de la coalition de gauche sur les achats de vote ou les financements irréguliers n'avait été étayée par des preuves.


Les juges ont rejeté la totalité des accusations selon lesquelles l'élection avait été marquée par de multiples violations des principes constitutionnels de l'équité. "Il ne suffit pas de les dénoncer, il faut les prouver", souligne le projet voté par le tribunal. "La demande d'invalidation de l'élection est sans fondement", a déclaré le président du tribunal, Jose Alejandro Luna Ramos, devant une salle bondée après une session de plus de cinq heures. Cette décision de justice ouvre la voie à la dernière étape du processus électoral présidentiel mexicain : la proclamation par la même instance, avant le 6 septembre, des résultats définitifs du scrutin et la désignation officielle du candidat du PRI comme le président élu, appelé à prendre ses fonctions le 1er décembre, pour la période de 2012 à 2018.

Le candidat de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador, a refusé vendredi de reconnaître la décision du Tribunal électoral. "Les élections n'ont été ni propres ni libres ni régulières, en conséquence, je ne vais pas reconnaître un pouvoir illégitime né de l'achat de votes et d'autres violations graves de la Constitution et des lois", a déclaré devant la presse M. Lopez Obrador.

Thursday, 30 August 2012

Mexique : 95 632 homicides en cinq ans




L'Institut national de statistiques et géographie (INEGI) vient de diffuser des chiffres accablants sur l'insécurité au Mexique : 27 199 homicides ont été enregistrés en 2011, soit un taux de 24 homicides pour 100 000 habitants.

De janvier 2007, début de la présidence de Felipe Calderon (investi en décembre 2006), jusqu'à la fin 2011, les statistiques de l'INEGI totalisent 95 632 assassinats. Une projection sur la base de la tendance enregistrée ces derniers mois permet d'avancer une projection de 120 000 homicides au cours du sexennat de Calderon, qui s'achève en décembre 2012.

Cette hécatombe est bien plus grave que le chiffre souvent diffusé de plus de 50 000 meurtres liés au crime organisé depuis l'offensive contre les cartels de la drogue lancée par Calderon. Aussi bien le gouvernement sortant que l'opposition minimisent l'ampleur de l'explosion meurtrière que connaissent les Mexicains.

La spirale de barbarie provoquée par la guerre contre les narcos et les règlements de comptes entre gangs semble avoir levé tous les tabous concernant le respect de la vie humaine. Après des décennies de chute du taux d'homicides, le Mexique enregistre désormais une hausse vertigineuse, qui ramène le pays loin en arrière et libère ses vieux démons. Il y a une sorte de contamination entre la violence des cartels et les autres conflits : disputes d'ordre familial, querelles de voisinage, rixes fortuites, qui dégénèrent et débouchent sur la mort.

Les chiffres de l’INEGI sont un révélateur sur l’insécurité et la criminalité bien plus troublant que le nombre de morts liés à la guerre contre la drogue.

La carte des homicides montre d’ailleurs qu’ils ne se limitent pas aux régions de forte implantation des gangs, mais ont tendance à se disséminer sur presque tout le territoire.

L’Etat de Mexico et Jalisco (dont la capitale est Guadalajara, deuxième ville du pays) figurent ainsi parmi les Etats où l’on compte désormais les meurtres par milliers.

Le défi sécuritaire s’étend à d’autres pays d’Amérique latine. Le Brésil est le premier pays au monde de par le nombre d’homicides : 50.000 par an (soit 22,7 pour 100 000 habitants). Avec un taux de 82 homicides pour 100 000 habitants, le Honduras reste le pays le plus meurtrier de la planète, suivi par le Salvador (66 pour 100 000 hab.).

Source: Le Monde

Mexique, la spirale de la barbarie


LE MONDE | 23.08.2012 à 14h53 • Mis à jour le 23.08.2012 à 19h29


Dans ces colonnes mêmes, voilà deux ans, le président mexicain, Felipe Calderon, se félicitait des résultats de la guerre de grande envergure engagée, depuis le début de son mandat, en décembre 2006, contre le crime organisé et les narcotrafiquants. "Nous allons vaincre le crime", assurait-il. Avant d'ajouter, à l'adresse de ceux qui s'inquiétaient de la progression vertigineuse de l'insécurité dans son pays : "Si vous voyez de la poussière, c'est parce que nous nettoyons la maison."

Battu lors de l'élection présidentielle de juin, M. Calderon passera la main à Enrique Peña Nieto à la fin de l'année. Avec un bilan accablant. L'Institut national de statistiques et géographie mexicain vient de diffuser des chiffres ahurissants : 27 199 homicides ont été enregistrés en 2011 ; entre 2007 et 2011, le total s'élève à 95 632 assassinats. Sur la base de la tendance enregistrée ces derniers mois, l'on estime à 120 000 le nombre d'homicides au cours du mandat de Calderon. Soit plus du double du chiffre souvent évoqué – et déjà hallucinant – de 50 000.

Cette véritable hécatombe constitue, et de loin, le conflit le plus meurtrier de laplanète au cours des dernières années. D'autant que les chiffres officiels qui viennent d'être publiés sont un révélateur implacable de la gangrène qui a gagné le pays. Au-delà du nombre de morts strictement liés à la lutte contre la drogue se développent de véritables industries du kidnapping, de l'extorsion de fonds, de la prostitution, des trafics de personnes et d'organes. La carte des homicides démontre qu'ils ne se limitent plus aux régions de forte implantation des gangs, mais ont tendance à se disséminer sur presque tout le territoire.

Cette spirale de barbarie, provoquée par la guerre contre les narcotrafics et les règlements de comptes entre les "cartels" de la drogue, n'épargne personne, y compris des dizaines de journalistes qu'on veut faire taire, ou des dizaines de maires victimes du chantage ou de la corruption. Elle semble avoir levé tous les tabous sur le respect de la personne humaine.

Cette spirale, enfin, sanctionne l'échec terrible de la stratégie "militaire" engagée depuis six ans par M. Calderon, avec l'appui constant, notamment financier, des Etats-Unis, qui constituent le principal marché des narcotrafics. Mais personne ne semble désormais en mesure de proposer une politique alternative, tant le mal est profond, la peur enracinée, la misère endémique. Et l'on peut douter que l'élection de M. Peña Nieto y change grand-chose : elle signe, en effet, le retour au pouvoirdu Parti révolutionnaire institutionnel, qui avait dominé la vie politique du pays pendant des décennies, sur fond de corruption et de complaisance à l'égard des narcotrafiquants.

Au-delà de l'Amérique centrale, le défi est lancé aux Etats-Unis et à l'Europe, dont la prospérité des marchés des stupéfiants et des ventes d'armes alimente directement la violence mexicaine. Ce n'est pas un défi exotique, mais planétaire, qui ne saurait laisser indifférent.

Source: Le Monde

Saturday, 21 July 2012

Mexique : transition dictatoriale ou révolution démocratique ?


Le Monde.fr |
"L'été mexicain" a bel et bien commencé. Dans toutes les villes du Mexique et même à l'étranger (de Washington à Madrid en passant par Paris), des centaines de milliers de Mexicains commencent à manifester contre la fraude électorale, laquelle a entaché l'élection présidentielle du 1er juillet dernier. Après le partiel recomptage des voix, le candidat du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), Enrique Peña Nieto, a été déclaré officiellement vainqueur avec 38,21% des suffrages contre son rival Andrés Manuel Lopez Obrador (31,59%). Le résultat reste très contesté, à en croire les recomptes citoyens effectués par le site "YoSoy AntiFraude" ("je suis anti-fraude"), qui affiche un résultat inverse : 38,8% pour Lopez Obrador, 32,2% pour Peña Nieto.

Reprenant les résultats officiels, la plupart des journalistes français semblent profondément sous-estimer l'ampleur de la fraude et ses modalités. Car il est tout à fait possible de manipuler plusieurs millions de suffrages : l'histoire de la fraude au Mexique va bien au-delà de celle des sympathiques électeurs fantômes parisiens. Les journalistes français projettent en effet leur vision hexagonale de la politique sur un pays qui a été gouverné par le même groupe dirigeant de 1920 à 2000. Le PRI, qui contrôle la moitié des Etats de cette République fédérale, serait-il devenu un modèle de démocratie en un soir ? Il a, dans tous les cas, un lourd passif : de l'entre-deux-guerres à l'an 2000, la fraude a été systématique. Il est nécessaire d'en dresser une typologie pour en comprendre la portée. Les informations provenant des réseaux sociaux permettent de mieux apprécier les irrégularités survenues le 1er juillet 2012.